Coup de tonnerre à la FFME : le président Alain Carrière annonce son départ
L’annonce a surpris le monde de la montagne et de l’escalade. Dimanche 7 décembre 2025, la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME) a officialisé la démission de son président, Alain Carrière. Une décision qui prendra effet après les Jeux Olympiques de Milan-Cortina en février 2026. Mais loin d’une crise, il s’agit d’une transition préparée, un passage de témoin pour une fédération en pleine mutation.
Face aux interrogations, Alain Carrière a rapidement tenu à rassurer : « Tout va bien, je n’ai pas de problèmes de santé », a-t-il confié. Il n’est question ni de conflit interne, ni de lassitude. Simplement, à 70 ans, l’homme souhaite retrouver le terrain, ses passions premières. Un choix personnel qui coïncide avec un moment jugé idéal pour l’avenir de l’institution.
« Je pense que c’est bien de passer la main » : les raisons d’un départ
En poste depuis 2021 et membre du conseil d’administration depuis 2008, Alain Carrière ne claque pas la porte. Il restera au conseil d’administration pour continuer à apporter son expérience. Sa décision est le fruit d’une double réflexion : personnelle et stratégique.
Le retour à la pratique
La principale motivation est simple : le désir de consacrer plus de temps à la pratique. « J’en aurai plus pour moi, pour pratiquer nos différentes activités plus que je ne peux le faire actuellement. C’est ça, ma vraie motivation. Le temps passe », explique-t-il. Pour cet amoureux de la montagne, ce choix est celui d’un dépassement personnel, un retour aux sources de son engagement.
Un timing stratégique pour la fédération
Le départ est aussi politique, au sens noble du terme. La FFME est sur de bons rails. Avec un plan stratégique solide, une équipe de direction renouvelée, notamment avec l’arrivée de Laurent Lagarrigue comme Directeur Technique National (DTN), et des élus mobilisés, la fédération est prête pour une nouvelle étape. Alain Carrière estime que le moment est parfait pour laisser la place à une nouvelle énergie, comme il le résume dans une citation pour Grimper.com : « Je pense que c’est bien de passer la main ».
Un bilan solide : croissance, olympisme et défis
Le passage d’Alain Carrière à la tête de la FFME laissera une empreinte durable. Son mandat, et plus largement son implication depuis 2008, coïncide avec une période de transformation profonde pour l’escalade et les sports de montagne.
Une fédération en pleine croissance
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. « Nous avons doublé notre nombre de licenciés », revendique-t-il. Cet essor témoigne de la popularité grandissante de disciplines comme l’escalade, qui a su attirer un public de plus en plus large, des salles urbaines aux falaises naturelles. La fédération a également su diversifier ses revenus, un enjeu crucial pour son indépendance et son développement.
La consécration olympique
L’un des faits marquants est sans conteste le positionnement de la FFME comme une fédération ‘tri-olympique’. Après l’entrée de l’escalade aux JO, la reconnaissance de la para-escalade et l’arrivée très attendue du ski-alpinisme aux Jeux de 2026, la fédération a gagné une visibilité et une légitimité sans précédent sur la scène du sport international.
Le dossier épineux de l’accès aux falaises
Cependant, tout n’a pas été simple. Le mandat d’Alain Carrière a été marqué par la crise du déconventionnement des falaises. Initiée sous son prédécesseur, cette décision de ne plus faire porter la responsabilité juridique des sites par la seule fédération a provoqué la fermeture de nombreux spots d’escalade. Une situation complexe qui a nécessité un long travail de négociation. « L’évolution sociétale fait que ça pesait trop lourd sur la seule fédération, surtout que la majeure partie des pratiquants ne font pas partie de nos adhérents », note le président. La solution passe par un transfert de responsabilité vers les collectivités locales, un chantier encore en cours mais qui porte ses fruits. Ce défi de l’accès aux sites naturels est un enjeu partagé par de nombreuses pratiques outdoor, y compris le trail et le running en montagne.
Et maintenant ? Une succession qui semble déjà écrite
Loin de laisser un vide, Alain Carrière a préparé sa sortie. En démissionnant après les JO de février, il assure une transition en douceur et évite une période d’intérim. Tout semble indiquer que la relève sera féminine. Le nom de Sandra Berger, actuelle secrétaire générale, est sur toutes les lèvres. « J’ai posé ma démission après avoir vérifié qu’il y a des élus qui étaient prêts à reprendre les postes libérés », confie Carrière, optimiste quant à la suite. L’élection officielle aura lieu en février, mais le chemin semble tout tracé pour une continuité dans la stratégie de la fédération. Une nouvelle page s’ouvre pour la FFME, avec la mission de continuer à développer ses disciplines, de pérenniser l’accès à ses terrains de jeu et d’accompagner les milliers de passionnés, qu’ils soient grimpeurs, skieurs-alpinistes ou amateurs de trail en montagne.

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