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  • Ski de rando : on a testé le sac Häglofs LIM Pro 40

    Dans la catégorie des sacs dédiés au ski de rando, on atteint vite les limites de la tendance « skimo » quand on veut partir deux jours en montagne sur du (vrai) ski-alpinisme. Un sac de 15/20 litres est parfait pour la sortie de deux heures, avec une mini doudoune et une gourde souple, pas pour un weekend où il faut emmener crampons, nourriture, vêtement supplémentaire, voire réchaud et corde.

    Il faut dès lors passer sur un segment devenu plus rare : le sac à dos de ski de rando adapté au contenu qu’il faut emmener pour un weekend de deux à trois jours, disons entre 40 et 50 litres. La marque Häglofs l’a bien compris en déclinant son sac de 40 litres dans la gamme L.I.M, c’est-à-dire Less Is More. Qu’on peut résumer ainsi : plus de place, mais sans fioritures.

    Le LIM Touring Pro 40 affiche une esthétique épurée, sobre, typique de Häglofs. Pas de poches superflues, pas de sangles inutiles : tout semble pensé pour une seule chose, avancer efficacement en montagne. Le tissu inspire pourtant confiance : on est clairement sur un textile technique orienté résistance à l’abrasion et durabilité, malgré le parti pris du poids très léger, 1170 g.

    Portage : précision et stabilité

    Sur le dos, le sac se fait oublier. Le panneau dorsal, semi-rigide, offre un bon compromis entre maintien et liberté de mouvement, essentiel dans les conversions raides ou les passages alpins. Les bretelles sont fines mais larges ! Bien dessinées, elles répartissent correctement la charge jusqu’à un volume bien rempli, et peuvent accueillir une gourde souple dans un étui pensé à cet effet. La ceinture ventrale suffit à stabiliser l’ensemble sans entraver la mobilité.

    En montée, le LIM Touring Pro reste parfaitement en place. En descente, même chargé, il ne ballotte pas et ne perturbe pas l’équilibre — un point crucial pour un sac de 40 litres destiné à un usage engagé.

    Fonctionnalités et accessoirisation : le minimalisme fonctionnel

    Fidèle à la philosophie LIM, le LIM Touring Pro 40 de Häglofs mise sur une accessoirisation épurée mais parfaitement adaptée à une pratique engagée du ski de randonnée. Le sac propose un grand compartiment principal, pensé pour accueillir sans contrainte un volume important de matériel, avec une ouverture efficace facilitant l’accès même dans des conditions délicates (gants, vent, froid).

    On aime le roll-top car il permet d’agrandir l’espace du sac sans avoir le haut du sac dans le cou. On aime aussi glisser un vêtemen, ou une corde, sous la sangle du roll-top, hyper accessible.

    Le sac dispose d’une partir dédié au matériel de sécurité avalanche (pelle et sonde) clairement identifié et rapidement accessible. Le portage des skis est possible de manière fiable et rapide : Häglofs a choisi de proposer un portage en travers (diagonale) avec une grande boucle en bas, et une sangle avec clip pour tenir le haut des skis. Un système bien plus pratique que de fixer les skis de chaque côté du sac, même s’il est possible de le faire !

    On retrouve également des fixations pour piolets, ainsi qu’un système de sangles permettant d’ajuster le volume lorsque le sac n’est pas plein. Surprise, le sac a une poche tout en bas accessible par double zip, pensée pour mettre les crampons ou les peaux de phoque, on y a aussi fourré une gourde. Mais le compartiment peut être « défait » à l’intérieur, si on veut tasser des choses lourdes dans le fond du sac sans limite de place (on pense à la ferraille en utilisation alpine).

    Seul bémol : le sac n’a pas de poche à clé ou à petit matériel à l’intérieur (il y a une poche pour système d’hydratation). Mais comme Häglofs a pensé à mettre une boucle clippable dans le haut du sac, on peut donc clipper sa propre poche (photo, etc) avec un mousqueton (porte-clés) pour que le petit matériel et les clés restent vite accessibles.

    Enfin, en passionné de photo, on est des grands fans de l’ouverture dorsale par zip, qui permet d’accéder à l’intérieur du sac sans ouvrir le roll-top.

    Sur le terrain : ultra polyvalent

    Courses de printemps, raids rapides, grandes journées avec dénivelé conséquent : le LIM Touring Pro 40 est conçu pour une grande polyvalence d’utilisation. Il s’adresse clairement à des pratiquants expérimentés, capables d’optimiser leur matériel et leur organisation.

    Les amateurs de sacs ultra-compartimentés pourront le trouver austère. Mais pour celles et ceux qui privilégient la vitesse, la simplicité et l’efficacité, il est un excellent allié.

  • Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.” · PlanetGrimpe

    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

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    Dans la catégorie des sacs dédiés au ski de rando, on atteint vite les limites de la tendance « skimo » quand on veut partir deux jours en montagne sur du (vrai) ski-alpinisme. Un sac de 15/20 litres est parfait pour la sortie de deux heures, avec une mini doudoune et une gourde souple, pas pour un weekend où il faut emmener crampons, nourriture, vêtement supplémentaire, voire réchaud et corde.

    Il faut dès lors passer sur un segment devenu plus rare : le sac à dos de ski de rando adapté au contenu qu’il faut emmener pour un weekend de deux à trois jours, disons entre 40 et 50 litres. La marque Häglofs l’a bien compris en déclinant son sac de 40 litres dans la gamme L.I.M, c’est-à-dire Less Is More. Qu’on peut résumer ainsi : plus de place, mais sans fioritures.

    Le LIM Touring Pro 40 affiche une esthétique épurée, sobre, typique de Häglofs. Pas de poches superflues, pas de sangles inutiles : tout semble pensé pour une seule chose, avancer efficacement en montagne. Le tissu inspire pourtant confiance : on est clairement sur un textile technique orienté résistance à l’abrasion et durabilité, malgré le parti pris du poids très léger, 1170 g.

    Portage : précision et stabilité

    Sur le dos, le sac se fait oublier. Le panneau dorsal, semi-rigide, offre un bon compromis entre maintien et liberté de mouvement, essentiel dans les conversions raides ou les passages alpins. Les bretelles sont fines mais larges ! Bien dessinées, elles répartissent correctement la charge jusqu’à un volume bien rempli, et peuvent accueillir une gourde souple dans un étui pensé à cet effet. La ceinture ventrale suffit à stabiliser l’ensemble sans entraver la mobilité.

    En montée, le LIM Touring Pro reste parfaitement en place. En descente, même chargé, il ne ballotte pas et ne perturbe pas l’équilibre — un point crucial pour un sac de 40 litres destiné à un usage engagé.

    Fonctionnalités et accessoirisation : le minimalisme fonctionnel

    Fidèle à la philosophie LIM, le LIM Touring Pro 40 de Häglofs mise sur une accessoirisation épurée mais parfaitement adaptée à une pratique engagée du ski de randonnée. Le sac propose un grand compartiment principal, pensé pour accueillir sans contrainte un volume important de matériel, avec une ouverture efficace facilitant l’accès même dans des conditions délicates (gants, vent, froid).

    On aime le roll-top car il permet d’agrandir l’espace du sac sans avoir le haut du sac dans le cou. On aime aussi glisser un vêtemen, ou une corde, sous la sangle du roll-top, hyper accessible.

    Le sac dispose d’une partir dédié au matériel de sécurité avalanche (pelle et sonde) clairement identifié et rapidement accessible. Le portage des skis est possible de manière fiable et rapide : Häglofs a choisi de proposer un portage en travers (diagonale) avec une grande boucle en bas, et une sangle avec clip pour tenir le haut des skis. Un système bien plus pratique que de fixer les skis de chaque côté du sac, même s’il est possible de le faire !

    On retrouve également des fixations pour piolets, ainsi qu’un système de sangles permettant d’ajuster le volume lorsque le sac n’est pas plein. Surprise, le sac a une poche tout en bas accessible par double zip, pensée pour mettre les crampons ou les peaux de phoque, on y a aussi fourré une gourde. Mais le compartiment peut être « défait » à l’intérieur, si on veut tasser des choses lourdes dans le fond du sac sans limite de place (on pense à la ferraille en utilisation alpine).

    Seul bémol : le sac n’a pas de poche à clé ou à petit matériel à l’intérieur (il y a une poche pour système d’hydratation). Mais comme Häglofs a pensé à mettre une boucle clippable dans le haut du sac, on peut donc clipper sa propre poche (photo, etc) avec un mousqueton (porte-clés) pour que le petit matériel et les clés restent vite accessibles.

    Enfin, en passionné de photo, on est des grands fans de l’ouverture dorsale par zip, qui permet d’accéder à l’intérieur du sac sans ouvrir le roll-top.

    Sur le terrain : ultra polyvalent

    Courses de printemps, raids rapides, grandes journées avec dénivelé conséquent : le LIM Touring Pro 40 est conçu pour une grande polyvalence d’utilisation. Il s’adresse clairement à des pratiquants expérimentés, capables d’optimiser leur matériel et leur organisation.

    Les amateurs de sacs ultra-compartimentés pourront le trouver austère. Mais pour celles et ceux qui privilégient la vitesse, la simplicité et l’efficacité, il est un excellent allié.

  • Ski de rando : on a testé le sac Häglofs LIM Pro 40

    Dans la catégorie des sacs dédiés au ski de rando, on atteint vite les limites de la tendance « skimo » quand on veut partir deux jours en montagne sur du (vrai) ski-alpinisme. Un sac de 15/20 litres est parfait pour la sortie de deux heures, avec une mini doudoune et une gourde souple, pas pour un weekend où il faut emmener crampons, nourriture, vêtement supplémentaire, voire réchaud et corde.

    Il faut dès lors passer sur un segment devenu plus rare : le sac à dos de ski de rando adapté au contenu qu’il faut emmener pour un weekend de deux à trois jours, disons entre 40 et 50 litres. La marque Häglofs l’a bien compris en déclinant son sac de 40 litres dans la gamme L.I.M, c’est-à-dire Less Is More. Qu’on peut résumer ainsi : plus de place, mais sans fioritures.

    Le LIM Touring Pro 40 affiche une esthétique épurée, sobre, typique de Häglofs. Pas de poches superflues, pas de sangles inutiles : tout semble pensé pour une seule chose, avancer efficacement en montagne. Le tissu inspire pourtant confiance : on est clairement sur un textile technique orienté résistance à l’abrasion et durabilité, malgré le parti pris du poids très léger, 1170 g.

    Portage : précision et stabilité

    Sur le dos, le sac se fait oublier. Le panneau dorsal, semi-rigide, offre un bon compromis entre maintien et liberté de mouvement, essentiel dans les conversions raides ou les passages alpins. Les bretelles sont fines mais larges ! Bien dessinées, elles répartissent correctement la charge jusqu’à un volume bien rempli, et peuvent accueillir une gourde souple dans un étui pensé à cet effet. La ceinture ventrale suffit à stabiliser l’ensemble sans entraver la mobilité.

    En montée, le LIM Touring Pro reste parfaitement en place. En descente, même chargé, il ne ballotte pas et ne perturbe pas l’équilibre — un point crucial pour un sac de 40 litres destiné à un usage engagé.

    Fonctionnalités et accessoirisation : le minimalisme fonctionnel

    Fidèle à la philosophie LIM, le LIM Touring Pro 40 de Häglofs mise sur une accessoirisation épurée mais parfaitement adaptée à une pratique engagée du ski de randonnée. Le sac propose un grand compartiment principal, pensé pour accueillir sans contrainte un volume important de matériel, avec une ouverture efficace facilitant l’accès même dans des conditions délicates (gants, vent, froid).

    On aime le roll-top car il permet d’agrandir l’espace du sac sans avoir le haut du sac dans le cou. On aime aussi glisser un vêtemen, ou une corde, sous la sangle du roll-top, hyper accessible.

    Le sac dispose d’une partir dédié au matériel de sécurité avalanche (pelle et sonde) clairement identifié et rapidement accessible. Le portage des skis est possible de manière fiable et rapide : Häglofs a choisi de proposer un portage en travers (diagonale) avec une grande boucle en bas, et une sangle avec clip pour tenir le haut des skis. Un système bien plus pratique que de fixer les skis de chaque côté du sac, même s’il est possible de le faire !

    On retrouve également des fixations pour piolets, ainsi qu’un système de sangles permettant d’ajuster le volume lorsque le sac n’est pas plein. Surprise, le sac a une poche tout en bas accessible par double zip, pensée pour mettre les crampons ou les peaux de phoque, on y a aussi fourré une gourde. Mais le compartiment peut être « défait » à l’intérieur, si on veut tasser des choses lourdes dans le fond du sac sans limite de place (on pense à la ferraille en utilisation alpine).

    Seul bémol : le sac n’a pas de poche à clé ou à petit matériel à l’intérieur (il y a une poche pour système d’hydratation). Mais comme Häglofs a pensé à mettre une boucle clippable dans le haut du sac, on peut donc clipper sa propre poche (photo, etc) avec un mousqueton (porte-clés) pour que le petit matériel et les clés restent vite accessibles.

    Enfin, en passionné de photo, on est des grands fans de l’ouverture dorsale par zip, qui permet d’accéder à l’intérieur du sac sans ouvrir le roll-top.

    Sur le terrain : ultra polyvalent

    Courses de printemps, raids rapides, grandes journées avec dénivelé conséquent : le LIM Touring Pro 40 est conçu pour une grande polyvalence d’utilisation. Il s’adresse clairement à des pratiquants expérimentés, capables d’optimiser leur matériel et leur organisation.

    Les amateurs de sacs ultra-compartimentés pourront le trouver austère. Mais pour celles et ceux qui privilégient la vitesse, la simplicité et l’efficacité, il est un excellent allié.

  • Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.” · PlanetGrimpe

    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

    Lire aussi

  • Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.” · PlanetGrimpe

    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

    Lire aussi

  • Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.” · PlanetGrimpe

    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

    Lire aussi

  • Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.” · PlanetGrimpe

    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

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    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

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  • décembre 2025 : découvrez le sommaire, commander le magazine

    Pendant un long moment, en falaise, il y a eu Ondra, Megos et les autres. En 2013, l’Allemand devenait le premier homme à enchaîner un 9a à vue. Depuis, il y a eu des voies dans le neuf à la pelle, Biographie en trois runs, Perfecto Mundo, des résultats en compétition… mais surtout Bibliographie. La voie qui devait être son testament, mais qui se révéla être « seulement » un 9b+ de plus. Si bien qu’aujourd’hui, Megos n’a atteint le plus haut niveau de difficulté ni en voie, ni en bloc, et se retrouve cantonné aux seconds rôles en compétition. Cela ne l’empêche pas de rester l’un des grimpeurs les plus célèbres. Du genre de ceux qui ne passent pas inaperçu là où nous le retrouvons, au pied de la falaise de Massone, à Arco. Et dont les interviews sont interrompues après quelques secondes parce qu’un inconnu leur demande une photo en répétant : « tu es mon idole ».

    Dossier : nouveaux imaginaires de l’escalade

    Ce n’est pas la première fois que ce sujet trouve sa place dans les pages de Grimper. Avant, on appelait ça changer d’approche. Comme si c’était une question de temps avant que les moteurs ne soient d’un coup remplacés par les coups de pédales de cyclogrimpeurs et les traversées en voilier.

    Le temps passant, on ne peut que constater que cette pratique est restée relativement marginale. Mais qu’elle a subsisté et converti des adeptes, faisant émerger des récits souvent riches. D’un côté parce que cette démarche drape l’escalade de vertu. Mais surtout, elle l’épaissit et l’enrichit de mille anecdotes, que l’on parte au bout du monde ou de sa ruelle.

    C’est ce que nous vous proposons de découvrir au travers de ce dossier en embarquant avec nous. Nous ferons étapes dans l’emblématique grotte de Flatanger, mais aussi en Corse, pour revivre l’ouverture de l’une des grandes voies les plus difficiles du monde, et dans le Vercors, pour profiter d’une simple sortie entre amis. Bon voyage !