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  • Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.” · PlanetGrimpe

    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

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  • Ski de rando : on a testé le sac Häglofs LIM Pro 40

    Dans la catégorie des sacs dédiés au ski de rando, on atteint vite les limites de la tendance « skimo » quand on veut partir deux jours en montagne sur du (vrai) ski-alpinisme. Un sac de 15/20 litres est parfait pour la sortie de deux heures, avec une mini doudoune et une gourde souple, pas pour un weekend où il faut emmener crampons, nourriture, vêtement supplémentaire, voire réchaud et corde.

    Il faut dès lors passer sur un segment devenu plus rare : le sac à dos de ski de rando adapté au contenu qu’il faut emmener pour un weekend de deux à trois jours, disons entre 40 et 50 litres. La marque Häglofs l’a bien compris en déclinant son sac de 40 litres dans la gamme L.I.M, c’est-à-dire Less Is More. Qu’on peut résumer ainsi : plus de place, mais sans fioritures.

    Le LIM Touring Pro 40 affiche une esthétique épurée, sobre, typique de Häglofs. Pas de poches superflues, pas de sangles inutiles : tout semble pensé pour une seule chose, avancer efficacement en montagne. Le tissu inspire pourtant confiance : on est clairement sur un textile technique orienté résistance à l’abrasion et durabilité, malgré le parti pris du poids très léger, 1170 g.

    Portage : précision et stabilité

    Sur le dos, le sac se fait oublier. Le panneau dorsal, semi-rigide, offre un bon compromis entre maintien et liberté de mouvement, essentiel dans les conversions raides ou les passages alpins. Les bretelles sont fines mais larges ! Bien dessinées, elles répartissent correctement la charge jusqu’à un volume bien rempli, et peuvent accueillir une gourde souple dans un étui pensé à cet effet. La ceinture ventrale suffit à stabiliser l’ensemble sans entraver la mobilité.

    En montée, le LIM Touring Pro reste parfaitement en place. En descente, même chargé, il ne ballotte pas et ne perturbe pas l’équilibre — un point crucial pour un sac de 40 litres destiné à un usage engagé.

    Fonctionnalités et accessoirisation : le minimalisme fonctionnel

    Fidèle à la philosophie LIM, le LIM Touring Pro 40 de Häglofs mise sur une accessoirisation épurée mais parfaitement adaptée à une pratique engagée du ski de randonnée. Le sac propose un grand compartiment principal, pensé pour accueillir sans contrainte un volume important de matériel, avec une ouverture efficace facilitant l’accès même dans des conditions délicates (gants, vent, froid).

    On aime le roll-top car il permet d’agrandir l’espace du sac sans avoir le haut du sac dans le cou. On aime aussi glisser un vêtemen, ou une corde, sous la sangle du roll-top, hyper accessible.

    Le sac dispose d’une partir dédié au matériel de sécurité avalanche (pelle et sonde) clairement identifié et rapidement accessible. Le portage des skis est possible de manière fiable et rapide : Häglofs a choisi de proposer un portage en travers (diagonale) avec une grande boucle en bas, et une sangle avec clip pour tenir le haut des skis. Un système bien plus pratique que de fixer les skis de chaque côté du sac, même s’il est possible de le faire !

    On retrouve également des fixations pour piolets, ainsi qu’un système de sangles permettant d’ajuster le volume lorsque le sac n’est pas plein. Surprise, le sac a une poche tout en bas accessible par double zip, pensée pour mettre les crampons ou les peaux de phoque, on y a aussi fourré une gourde. Mais le compartiment peut être « défait » à l’intérieur, si on veut tasser des choses lourdes dans le fond du sac sans limite de place (on pense à la ferraille en utilisation alpine).

    Seul bémol : le sac n’a pas de poche à clé ou à petit matériel à l’intérieur (il y a une poche pour système d’hydratation). Mais comme Häglofs a pensé à mettre une boucle clippable dans le haut du sac, on peut donc clipper sa propre poche (photo, etc) avec un mousqueton (porte-clés) pour que le petit matériel et les clés restent vite accessibles.

    Enfin, en passionné de photo, on est des grands fans de l’ouverture dorsale par zip, qui permet d’accéder à l’intérieur du sac sans ouvrir le roll-top.

    Sur le terrain : ultra polyvalent

    Courses de printemps, raids rapides, grandes journées avec dénivelé conséquent : le LIM Touring Pro 40 est conçu pour une grande polyvalence d’utilisation. Il s’adresse clairement à des pratiquants expérimentés, capables d’optimiser leur matériel et leur organisation.

    Les amateurs de sacs ultra-compartimentés pourront le trouver austère. Mais pour celles et ceux qui privilégient la vitesse, la simplicité et l’efficacité, il est un excellent allié.

  • Ski de rando : on a testé le sac Häglofs LIM Pro 40

    Dans la catégorie des sacs dédiés au ski de rando, on atteint vite les limites de la tendance « skimo » quand on veut partir deux jours en montagne sur du (vrai) ski-alpinisme. Un sac de 15/20 litres est parfait pour la sortie de deux heures, avec une mini doudoune et une gourde souple, pas pour un weekend où il faut emmener crampons, nourriture, vêtement supplémentaire, voire réchaud et corde.

    Il faut dès lors passer sur un segment devenu plus rare : le sac à dos de ski de rando adapté au contenu qu’il faut emmener pour un weekend de deux à trois jours, disons entre 40 et 50 litres. La marque Häglofs l’a bien compris en déclinant son sac de 40 litres dans la gamme L.I.M, c’est-à-dire Less Is More. Qu’on peut résumer ainsi : plus de place, mais sans fioritures.

    Le LIM Touring Pro 40 affiche une esthétique épurée, sobre, typique de Häglofs. Pas de poches superflues, pas de sangles inutiles : tout semble pensé pour une seule chose, avancer efficacement en montagne. Le tissu inspire pourtant confiance : on est clairement sur un textile technique orienté résistance à l’abrasion et durabilité, malgré le parti pris du poids très léger, 1170 g.

    Portage : précision et stabilité

    Sur le dos, le sac se fait oublier. Le panneau dorsal, semi-rigide, offre un bon compromis entre maintien et liberté de mouvement, essentiel dans les conversions raides ou les passages alpins. Les bretelles sont fines mais larges ! Bien dessinées, elles répartissent correctement la charge jusqu’à un volume bien rempli, et peuvent accueillir une gourde souple dans un étui pensé à cet effet. La ceinture ventrale suffit à stabiliser l’ensemble sans entraver la mobilité.

    En montée, le LIM Touring Pro reste parfaitement en place. En descente, même chargé, il ne ballotte pas et ne perturbe pas l’équilibre — un point crucial pour un sac de 40 litres destiné à un usage engagé.

    Fonctionnalités et accessoirisation : le minimalisme fonctionnel

    Fidèle à la philosophie LIM, le LIM Touring Pro 40 de Häglofs mise sur une accessoirisation épurée mais parfaitement adaptée à une pratique engagée du ski de randonnée. Le sac propose un grand compartiment principal, pensé pour accueillir sans contrainte un volume important de matériel, avec une ouverture efficace facilitant l’accès même dans des conditions délicates (gants, vent, froid).

    On aime le roll-top car il permet d’agrandir l’espace du sac sans avoir le haut du sac dans le cou. On aime aussi glisser un vêtemen, ou une corde, sous la sangle du roll-top, hyper accessible.

    Le sac dispose d’une partir dédié au matériel de sécurité avalanche (pelle et sonde) clairement identifié et rapidement accessible. Le portage des skis est possible de manière fiable et rapide : Häglofs a choisi de proposer un portage en travers (diagonale) avec une grande boucle en bas, et une sangle avec clip pour tenir le haut des skis. Un système bien plus pratique que de fixer les skis de chaque côté du sac, même s’il est possible de le faire !

    On retrouve également des fixations pour piolets, ainsi qu’un système de sangles permettant d’ajuster le volume lorsque le sac n’est pas plein. Surprise, le sac a une poche tout en bas accessible par double zip, pensée pour mettre les crampons ou les peaux de phoque, on y a aussi fourré une gourde. Mais le compartiment peut être « défait » à l’intérieur, si on veut tasser des choses lourdes dans le fond du sac sans limite de place (on pense à la ferraille en utilisation alpine).

    Seul bémol : le sac n’a pas de poche à clé ou à petit matériel à l’intérieur (il y a une poche pour système d’hydratation). Mais comme Häglofs a pensé à mettre une boucle clippable dans le haut du sac, on peut donc clipper sa propre poche (photo, etc) avec un mousqueton (porte-clés) pour que le petit matériel et les clés restent vite accessibles.

    Enfin, en passionné de photo, on est des grands fans de l’ouverture dorsale par zip, qui permet d’accéder à l’intérieur du sac sans ouvrir le roll-top.

    Sur le terrain : ultra polyvalent

    Courses de printemps, raids rapides, grandes journées avec dénivelé conséquent : le LIM Touring Pro 40 est conçu pour une grande polyvalence d’utilisation. Il s’adresse clairement à des pratiquants expérimentés, capables d’optimiser leur matériel et leur organisation.

    Les amateurs de sacs ultra-compartimentés pourront le trouver austère. Mais pour celles et ceux qui privilégient la vitesse, la simplicité et l’efficacité, il est un excellent allié.

  • Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.” · PlanetGrimpe

    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

    Lire aussi

  • Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.” · PlanetGrimpe

    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

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    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

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    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

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  • Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.” · PlanetGrimpe

    À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

    « Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

    Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

    Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

    Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.

    Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

    Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

    Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

    Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

    Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

    Efficacité !

    Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

    On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

    On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

    Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

    Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

    En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

    Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

    Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

    Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

    Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

    Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

    Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

    Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

    Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

    Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

    Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

    Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

    En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

    Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

    Pas sur moi-même mais sur la team France : que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

    Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

    Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

    Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

    On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

    Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

    Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

    Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

    Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

    Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

    Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

    Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

    Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

    Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !

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  • Grimper en Couple : Un Défi Sportif pour Votre Relation ?

    Grimper en Couple : Un Défi Sportif pour Votre Relation ?

    Grimper en Couple : Le Sommet de l’Amour ou la Chute Assurée ?

    L’image est parfaite : un couple complice, suspendu à une paroi rocheuse, avec un coucher de soleil en toile de fond. Les réseaux sociaux et les marques de sport nous vendent ce rêve d’une passion amoureuse fusionnant avec l’amour de la grimpe. Mais derrière cet idéal marketing, la réalité est souvent plus complexe.

    Partager ses chaussons et son baudrier peut être une expérience incroyablement enrichissante, un véritable moteur de dépassement pour le couple. Cependant, cela peut aussi transformer une belle sortie en nature en un véritable champ de mines relationnel.

    Alors, grimper en couple, est-ce vraiment une bonne idée ? Plongeons ensemble au cœur de cette question, pour comprendre les mécanismes en jeu et trouver les clés d’un équilibre harmonieux.

    Quand la Corde Renforce les Liens

    À première vue, l’escalade a tout du sport idéal pour un couple. Plus qu’une simple activité physique, c’est une école de la confiance et de la communication.

    Une confiance aveugle et nécessaire

    En escalade, votre vie est littéralement entre les mains de votre partenaire d’assurage. Cette interdépendance crée un lien unique. Vous apprenez à faire confiance à l’autre de manière absolue, et à être vous-même digne de cette confiance.

    Cette dynamique peut avoir des effets thérapeutiques. Des études et des témoignages montrent que l’escalade, lorsqu’elle est abordée consciemment, peut agir comme une véritable thérapie de couple. Elle force les partenaires à travailler sur la communication, la gestion de la peur et le lâcher-prise, des compétences essentielles dans une relation amoureuse. Comme le soulignent certains professionnels, elle permet de mettre en lumière et de travailler des problématiques de contrôle ou de responsabilité au sein du couple [2].

    Partager des moments intenses

    Réussir une voie difficile ensemble, se soutenir dans l’effort, partager la beauté d’un paysage après une longue ascension… Ces moments créent des souvenirs communs puissants. Tout comme un trail partagé en montagne ou un marathon couru main dans la main, l’escalade offre des expériences de dépassement qui soudent les partenaires.

    Les Fissures dans la Paroi : Quand la Grimpe Devient une Source de Conflits

    Malgré ce tableau idyllique, de nombreux couples de grimpeurs rapportent des tensions importantes liées à leur pratique commune [7]. L’escalade peut devenir un miroir grossissant des problèmes déjà présents dans la relation.

    Le déséquilibre des niveaux et des envies

    C’est un classique : l’un des deux partenaires est plus fort, plus expérimenté ou simplement plus motivé que l’autre. Il est en effet très rare que deux personnes aient exactement le même niveau et les mêmes aspirations en escalade [6].

    Ce décalage peut engendrer de la frustration. Celui qui est plus à l’aise peut s’impatienter, tandis que l’autre peut se sentir pressé, jugé, ou de ne pas être à la hauteur. La sortie plaisir se transforme alors en une séance de performance subie, où l’un tire et l’autre suit sans grande conviction.

    Un terrain propice aux dynamiques toxiques

    Le milieu de l’escalade, encore majoritairement masculin, peut parfois reproduire des schémas de domination. Le mouvement #BalanceTonGrimpeur a mis en lumière comment des relations de pouvoir peuvent s’installer, notamment entre grimpeurs de niveaux différents [3].

    Dans le cadre intime du couple, ces dynamiques peuvent être exacerbées. On peut voir des situations où l’un des partenaires (souvent l’homme) se transforme en coach non sollicité, critique les techniques de sa compagne, ou minimise ses réussites. L’amour et l’intimité peuvent malheureusement pousser à tolérer des comportements qui seraient inacceptables de la part d’un simple ami.

    Les “Quatre Cavaliers de l’Apocalypse” au pied de la voie

    Le psychologue John Gottman a identifié quatre comportements qui annoncent souvent la fin d’une relation : la critique, le mépris, la contre-attaque et la dérobade (ou le repli sur soi). L’escalade, par le stress et la concentration qu’elle exige, peut facilement faire émerger ces “cavaliers” [4].

    • La critique : “Tu n’assures pas correctement, tu ne fais jamais attention !”
    • Le mépris : “Laisse tomber, cette voie est trop dure pour toi de toute façon.” (soupir)
    • La contre-attaque : “Si je suis tendu, c’est parce que tu as pris trois heures pour te préparer !”
    • La dérobade : Le silence pesant après une remarque, le partenaire qui s’isole avec ses écouteurs entre deux essais.

    Si ces comportements s’installent, la séance de grimpe devient une source d’angoisse plutôt que de plaisir.

    Clés pour une Cordée Harmonieuse : Nos Conseils Pratiques

    Alors, faut-il abandonner l’idée de grimper en couple ? Pas nécessairement. Le succès dépend de la capacité du couple à fixer les bonnes règles du jeu.

    1. Prioriser le plaisir partagé, pas la performance
      L’objectif principal doit être de passer un bon moment ensemble. La performance est la cerise sur le gâteau, pas l’ingrédient principal. Si l’un des deux est obsédé par sa performance au détriment de l’ambiance et du bien-être de l’autre, la relation en pâtira.

    2. Communiquer avant, pendant et après
      Discutez de vos envies avant de partir. Quel est l’objectif de la journée ? Se faire plaisir dans des voies faciles ? Travailler un projet spécifique ? Alterner ? Une communication claire évite les malentendus et les frustrations.

    3. Être un partenaire, pas un coach
      Sauf demande explicite, évitez de donner des conseils non sollicités. Votre rôle est d’encourager, de soutenir, de féliciter. L’autre est assez grand pour demander de l’aide s’il en ressent le besoin. La bienveillance est la meilleure des parades.

    4. Accepter de ne pas tout faire ensemble
      Il est sain d’avoir son propre “jardin secret” de grimpe. Gardez des sessions avec vos amis respectifs. Cela permet de grimper sans la pression de la dynamique de couple, de se concentrer sur ses propres objectifs et de revenir avec une énergie nouvelle pour les sessions à deux.

    5. Fixer des règles claires pour l’assurage
      L’assurage est un point sensible. Mettez-vous d’accord sur les attentes de chacun. Certains préfèrent un assurage “sec”, d’autres plus de mou. Exprimez vos préférences calmement, au sol, et non en criant depuis le haut de la voie.

    En conclusion, grimper en couple n’est ni une bonne ni une mauvaise idée en soi. C’est un défi, un peu comme un ultra-trail ou un projet sportif au long cours. Cela demande de la préparation, de la communication et une conscience aiguë des besoins de l’autre.

    L’escalade a ce pouvoir unique de révéler le meilleur comme le pire d’une relation. En privilégiant le respect, la confiance et le plaisir partagé, vous pouvez transformer cette pratique sportive en un ciment incroyablement puissant pour votre couple. Oubliez l’idéal de fusion parfaite et concentrez-vous sur la beauté du mouvement et la complicité de la cordée. C’est là que réside la véritable magie.

  • Douleur à l’épaule en escalade : Le guide complet pour soigner et prévenir

    Douleur à l’épaule en escalade : Le guide complet pour soigner et prévenir

    Douleur à l’épaule en escalade : Le guide pour soigner et prévenir

    Ce “clong” désagréable dans l’épaule sur un mouvement un peu trop ample, cette gêne insidieuse qui s’installe après une séance… Si vous pratiquez l’escalade, il est fort probable que vous ayez déjà ressenti une douleur à l’épaule. C’est une blessure fréquente qui peut rapidement transformer votre passion en une source de frustration, vous empêchant de vous adonner à votre sport et de rechercher le dépassement de soi.

    Loin d’être une fatalité, cette douleur est un signal que votre corps vous envoie. L’ignorer peut mener à une blessure plus sérieuse, mais la comprendre et agir intelligemment peut non seulement la soigner, mais aussi vous rendre plus fort et plus résilient. Ce guide est conçu pour vous donner des clés claires et pratiques, sans jargon médical complexe, pour prendre soin de vos épaules et continuer à grimper avec plaisir et sécurité.

    Comprendre la douleur sans s’alarmer

    Faut-il un diagnostic précis à tout prix ?

    Lorsqu’une douleur apparaît, notre premier réflexe est souvent de vouloir mettre un nom dessus : tendinite, conflit sous-acromial, bursite… Si un avis médical est toujours recommandé, il est intéressant de noter que, selon de nombreux spécialistes, un diagnostic ultra-précis n’est pas toujours la priorité.

    Des études d’imagerie ont montré que des épaules visiblement “abîmées” peuvent être totalement indolores et fonctionnelles, tandis que des douleurs intenses peuvent n’être liées à aucune lésion visible. La stratégie la plus efficace est donc souvent fonctionnelle : se concentrer sur la gestion du problème (la douleur, l’instabilité) plutôt que sur une étiquette diagnostique qui ne changera pas forcément l’approche.

    La stratégie gagnante : bouger intelligemment

    Votre kinésithérapeute, un allié de choix

    Plutôt que de chercher des réponses seul sur internet, la première étape devrait être de consulter un kinésithérapeute du sport. Ce professionnel est le plus à même de vous aider. Son rôle est crucial pour :

    • Analyser vos mouvements : Identifier précisément ce qui déclenche la douleur, l’appréhension ou, au contraire, ce qui soulage.
    • Établir un programme personnalisé : Sur la base de cette analyse, il pourra vous proposer des exercices sur mesure.

    Comme le soulignent plusieurs experts, une rééducation personnalisée est la pierre angulaire du traitement. (Source : Grimper.com).

    Le repos complet : une fausse bonne idée ?

    En cas de douleur aiguë et soudaine, un repos de quelques jours est bien sûr nécessaire. Cependant, l’immobilisation totale est rarement la solution. Le mouvement contrôlé et non douloureux est essentiel pour favoriser la guérison, stimuler la circulation sanguine et maintenir la mobilité de l’articulation.

    L’approche moderne, soutenue par des plateformes comme Kinesante.ca, privilégie une reprise progressive de l’activité, en se concentrant sur des mouvements qui ne provoquent pas de douleur.

    Votre boîte à outils pour une épaule en pleine santé

    Une fois le feu vert de votre kiné obtenu, une routine d’exercices pratiquée quasi quotidiennement, et surtout avant chaque séance d’escalade, peut faire des merveilles.

    1. Mobilité et étirements pour libérer l’articulation

    Ces exercices visent à redonner de l’aisance et de l’amplitude à votre épaule.

    • Le mouvement pendulaire : Debout, penché en avant, laissez pendre le bras affecté et effectuez de lents cercles dans un sens, puis dans l’autre, sans forcer.
    • L’étirement de l’arrière de l’épaule : Amenez votre bras en travers de votre poitrine et utilisez l’autre main pour appliquer une légère pression sur le coude, jusqu’à sentir un étirement doux.
    • “L’escalade du mur” : Face à un mur, “grimpez” avec vos doigts le long de la paroi pour gagner progressivement en amplitude, sans jamais forcer dans la douleur.

    2. Renforcement ciblé pour une stabilité à toute épreuve

    Une épaule forte est une épaule protégée. L’objectif est de renforcer les petits muscles stabilisateurs.

    • Rotation externe avec élastique : Coincez un élastique dans une porte à hauteur de coude. Coude collé au corps et plié à 90 degrés, effectuez une rotation de l’avant-bras vers l’extérieur. Le mouvement doit être lent et contrôlé.
    • Le travail au TRX : Cet outil est excellent pour un renforcement en chaîne fermée. Par exemple, des descentes contrôlées en croix de fer, en ajustant la difficulté avec la position des pieds, permettent de gainer l’épaule efficacement.
    • Les équilibres (Handstand) : Contre un mur, tenir la position de l’équilibre est un excellent moyen de développer la stabilité globale de l’épaule.

    Ces exercices, recommandés par des sites spécialisés comme Squaregym.fr, sont la base d’une prévention efficace.

    Prévenir plutôt que guérir : les bonnes habitudes

    Soigner c’est bien, mais éviter de se blesser, c’est encore mieux. La prévention est la clé pour une pratique durable de l’escalade et de tout autre sport.

    • Un échauffement complet : Ne le négligez jamais ! Il doit inclure des mobilisations articulaires douces, des contractions légères et une montée progressive en amplitude.
    • La progressivité : Écoutez votre corps. Ne tentez pas de mouvements extrêmes ou de “croix de fer” non contrôlées lorsque vous êtes fatigué. Le dépassement de soi se construit sur la durée, pas sur une seule séance à risque.
    • Une bonne hygiène de vie : Hydratation, sommeil et nutrition jouent un rôle non négligeable dans la capacité de votre corps à se régénérer et à prévenir les inflammations.

    Et pour les adeptes de running et de trail ?

    Si l’escalade sollicite les épaules de manière extrême, les principes de prévention restent universels. En running et en trail, les épaules sont mises à contribution, notamment avec le port d’un sac à dos et le balancement des bras. Un bon gainage de l’épaule et une posture correcte sont essentiels pour éviter les douleurs au niveau des trapèzes et du cou. Les exercices de renforcement cités plus haut sont donc tout à fait pertinents pour améliorer votre posture et votre efficacité dans votre pratique.

    En conclusion, une douleur à l’épaule en escalade n’est pas une fin en soi. C’est une invitation à mieux comprendre votre corps. En adoptant une approche active basée sur l’écoute, le mouvement contrôlé et le renforcement ciblé, non seulement vous pourrez soigner la douleur, mais vous construirez aussi des épaules plus fortes et plus résilientes, prêtes à vous accompagner dans tous vos défis sportifs.