Une entrée historique pour le ski-alpinisme aux Jeux Olympiques
Le sport nous offre des moments de pure magie, et ce 19 février 2026 en a été la parfaite illustration. Pour la toute première fois, le ski-alpinisme faisait son entrée sur la scène olympique à Bormio, en Italie. Cette discipline, qui est en quelque sorte la cousine hivernale du trail, combine endurance, technicité et un mental d’acier. Et pour cette grande première, les athlètes français ont brillé, ramenant deux médailles qui marquent déjà l’histoire.
Sous une neige battante, le public a assisté à des épreuves de sprint d’une intensité folle. La France, grâce à ses champions Emily Harrop et Thibault Anselmet, a montré qu’elle était une nation sur laquelle il faudrait compter. Entre la joie d’une première médaille et la légère amertume de l’argent, cette journée a été riche en émotions et en promesses pour l’avenir.
Emily Harrop : une médaille d’argent au goût de l’or
Tous les regards étaient tournés vers elle. Emily Harrop, la Savoyarde de 28 ans, était la grande favorite de l’épreuve féminine. Avec quatre globes de cristal du classement général de la Coupe du monde à son actif (de 2022 à 2025), elle dominait la discipline. Fidèle à sa réputation, elle a pris les commandes de la course dès le départ.
Une finale haletante
La course s’est jouée sur des détails, comme souvent dans le sport de haut niveau. En tête pendant une bonne partie du parcours, Emily a finalement cédé du terrain dans les moments les plus techniques. Les transitions, ces instants cruciaux où les athlètes doivent chausser ou déchausser leurs skis en une fraction de seconde, lui ont coûté cher. C’est là que la Suissesse Marianne Fatton a su tirer son épingle du jeu, s’imposant avec une avance de seulement 2 secondes et 38 centièmes.
Malgré la fierté de devenir vice-championne olympique, Emily Harrop ne cachait pas une pointe de déception. Elle qui visait l’or a confié qu’elle « rêvait d’une autre couleur », comme le rapporte Orange Sports. Cette réaction montre toute l’ambition de la championne, une athlète mue par un désir constant de dépassement.
Une passionnée de l’effort
Cette quête de l’excellence, Emily Harrop la cultive depuis son plus jeune âge. Issue d’une famille de passionnés de montagne, elle a toujours eu ce goût de l’effort, comme le souligne son père, Christopher. C’est cette force de caractère, forgée sur les pentes de Sainte-Foy-Tarentaise, qui lui a permis de se hisser au sommet mondial. Cette médaille d’argent, même si elle n’est pas de la couleur espérée, reste une performance immense qui vient couronner des années de travail acharné.
Dans cette même finale, la jeune Chamoniarde Margot Ravinel a également montré de très belles choses. Longtemps en lice pour le podium, elle termine finalement à une très honorable sixième place, prometteuse pour l’avenir.
Thibault Anselmet : le bronze du pionnier
Si les femmes ont ouvert le bal des médailles, les hommes n’ont pas été en reste. Thibault Anselmet a lui aussi écrit une page de l’histoire du sport français en allant chercher une magnifique médaille de bronze. Il offre ainsi à la France sa toute première médaille olympique dans l’histoire du ski-alpinisme.
Un sacrifice payant
Pour atteindre ce rêve olympique, Thibault Anselmet a fait des choix forts. Il a notamment mis entre parenthèses sa saison de moniteur de ski pour se consacrer à 100% à sa préparation. Un pari audacieux, mais qui a porté ses fruits. Sa performance à Bormio est la récompense d’un engagement total et d’une détermination sans faille.
Cette médaille de bronze est bien plus qu’un simple résultat. Elle symbolise l’aboutissement d’un projet et ouvre la voie à toute une génération de skieurs-alpinistes français. C’est la 18ème médaille pour la délégation tricolore dans ces Jeux de Milan-Cortina, et elle a une saveur toute particulière.
Le ski-alpinisme, un sport de pleine nature proche du trail
Pour ceux qui pratiquent le running et le trail, le ski-alpinisme (ou “skimo”) présente de nombreuses similitudes. C’est un sport d’endurance qui exige des qualités physiques et mentales exceptionnelles.
- L’effort d’ascension : Tout comme en trail, la montée est une phase clé. Elle demande une capacité cardiovasculaire hors norme et une grande force dans les jambes.
- La technicité en descente : La descente en ski, souvent en neige non damée, requiert une agilité, un équilibre et une concentration de tous les instants, des qualités que les traileurs connaissent bien.
- Le dépassement de soi : Affronter le froid, le dénivelé et la fatigue pousse les athlètes dans leurs retranchements. C’est l’essence même du dépassement de soi.
L’arrivée de cette discipline aux Jeux Olympiques est une formidable reconnaissance pour ces sports de montagne qui allient performance athlétique et respect de la nature.
Un avenir radieux pour la France
Avec ces deux médailles, la France s’affirme d’emblée comme une nation forte du ski-alpinisme olympique. La performance d’Emily Harrop, malgré sa légère déception, et l’exploit historique de Thibault Anselmet sont une source d’inspiration. Ils prouvent que la passion, le travail et l’abnégation sont les clés de la réussite.
Nul doute que ces résultats vont susciter des vocations et renforcer l’engouement pour ce sport spectaculaire. Rendez-vous est pris pour les prochaines échéances, avec l’espoir de voir nos athlètes français continuer de briller et, pourquoi pas, transformer l’argent et le bronze en or.

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