Un Nouveau Sommet pour le Sport : Le Premier 9A+ en Escalade Est-il Né ?

Un cri de victoire a résonné dans le silence de la vallée italienne de Val Pellice. Un cri qui pourrait bien marquer une nouvelle page dans l’histoire du sport. Le 10 novembre 2025, après une bataille acharnée de plus de quatre ans, le grimpeur italien Elias Iagnemma a finalement conquis “Exodia”, un bloc d’une difficulté si extrême qu’il propose une cotation jamais atteinte : 9A+. Si elle est confirmée, cette performance redéfinirait les limites du possible en escalade, un exploit qui illustre parfaitement la notion de dépassement de soi, chère à tous les athlètes, qu’ils courent sur un sentier de trail ou sur l’asphalte d’un marathon.

Exodia : La naissance d’une légende du sport

Dans le monde de l’escalade, les cotations sont des indicateurs de difficulté. Atteindre le 9A était déjà considéré comme le summum, un niveau réservé à une poignée d’athlètes sur la planète. Proposer un 9A+, c’est comme annoncer un record du monde qui pulvérise le précédent. C’est exactement ce qu’a fait Elias Iagnemma, un athlète de 30 ans dont la persévérance force l’admiration.

Le projet “Exodia” n’est pas né d’hier. Repérée il y a plus de dix ans par la légende Christian Core, cette ligne sur un rocher de serpentinite (connu pour son manque d’adhérence) est restée un défi silencieux, attendant celui qui aurait la force et l’abnégation nécessaires. Pour Iagnemma, cette quête a commencé en 2021. Elle s’est transformée en une véritable odyssée, une épreuve d’endurance physique et mentale qui n’est pas sans rappeler la préparation d’un ultra-trail.

Une quête de longue haleine

Les chiffres donnent le vertige. Pour venir à bout d’Exodia, il aura fallu à Elias Iagnemma entre 200 et 211 sessions d’escalade. Quatre ans et demi d’essais, d’échecs, de doutes et de retours incessants au pied de ce monstre de pierre. C’est un investissement total, un dépassement de tous les instants qui parle à n’importe quel passionné de sport.

Comme le rapporte Fanatic-Climbing, cet effort colossal s’est étalé sur plus de 200 jours depuis 2021. Cette ténacité est la marque des plus grands champions. C’est la même force mentale qui pousse un coureur de running à affronter le “mur” du marathon ou un adepte de trail à continuer son chemin en pleine nuit, après des dizaines de kilomètres.

Anatomie d’un exploit : Qu’est-ce qu’un bloc 9A+ ?

Pour comprendre l’ampleur de la performance, il faut décomposer le problème. “Exodia” n’est pas un long mur, mais une explosion de puissance et de technique sur quelques mètres seulement. Le bloc se divise en deux sections principales, entrecoupées d’un repos précaire.

  • Première partie (8B+) : Une section déjà extrêmement difficile, basée sur des mouvements de compression sur des prises minuscules, les “micro-réglettes”.
  • Le repos : Un coincement de genou de 40 secondes. Un temps court mais vital pour tenter de récupérer un peu d’énergie avant l’assaut final.
  • Seconde partie (8C+) : Le crux, le passage le plus dur. Une section qui exige une précision absolue et une force phénoménale, où la moindre erreur est synonyme de chute.

Le rocher lui-même, la serpentinite, ajoute une couche de difficulté. Sa surface offre très peu de friction, rendant chaque prise et chaque mouvement de pied incertains. Iagnemma a dû maîtriser une palette de gestes incroyablement variés : compressions, petites prises (crimps), prises fuyantes (slopers), pinces, et des crochetages complexes avec les talons et les pointes de pied.

Un nom venu de la pop culture

Le nom du bloc, “Exodia”, est un clin d’œil à l’univers du manga et jeu de cartes Yu-Gi-Oh!, où “Exodia le Maudit” est une créature surpuissante. Un hommage qui ancre cette performance sportive dans la culture de sa génération. Comme le souligne Grimper.com, ce choix de nom ajoute une touche personnelle à cet exploit historique.

Un grimpeur qui n’en est pas à son coup d’essai

Elias Iagnemma n’est pas un inconnu dans le milieu. Sa proposition de 9A+ est crédibilisée par un palmarès impressionnant. L’année précédente, il avait répété “Burden of Dreams”, le premier 9A bloc du monde, en seulement 25 jours. Début 2025, il avait également ouvert “Big Slamm”, un autre 9A.

Ces succès prouvent qu’il fait partie de l’élite mondiale. Son travail acharné sur “Exodia” est la suite logique de sa progression. Il a lui-même décrit cette ascension comme “le challenge le plus difficile de [sa] vie”. Dans une déclaration rapportée par de nombreux médias, il exprime son espoir : “J’espère que quelqu’un d’autre pourra essayer Exodia, ressentir les mêmes émotions que j’ai ressenti et partager ses propres pensées à propos de la ligne”.

Et maintenant ? L’attente de la confirmation

Dans le monde de l’escalade, une cotation proposée par le premier ascensionniste doit être confirmée par d’autres grimpeurs qui répètent la voie. Le futur nous dira si le 9A+ est officiellement né. Des grimpeurs du monde entier vont probablement se tourner vers la Val Pellice pour tenter de répéter “Exodia”.

Quoi qu’il en soit, la performance d’Elias Iagnemma a déjà secoué la planète grimpe. Comme le titre Planetgrimpe, nous assistons peut-être à “une nouvelle ère pour l’escalade”.

Cet exploit va bien au-delà de la simple escalade. Il est une source d’inspiration pour toute la communauté du sport. Il nous rappelle que les limites sont faites pour être repoussées, que la persévérance finit par payer et que le dépassement de soi est l’un des moteurs les plus puissants de l’aventure humaine. Une leçon qui résonne puissamment sur les sentiers de trail, les pistes de running et dans tous les stades du monde.

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