Drame dans le Sancy : Le monde du trail en deuil après la perte de deux secouristes
La montagne, notre terrain de jeu favori, ce lieu de dépassement et de liberté, nous a brutalement rappelé sa dure réalité. Un tragique accident survenu dans le massif du Sancy a coûté la vie à deux secouristes, plongeant leurs familles, leurs collègues et toute la communauté des sports de montagne dans une profonde tristesse. Cet événement nous touche directement, nous, passionnés de trail et de running, car ces héros de l’ombre sont ceux qui veillent sur notre sécurité à chaque sortie.
Un entraînement qui vire au drame
Le mercredi 11 février 2026, le ciel du massif du Sancy est devenu le théâtre d’une tragédie. Vers 16 heures, sur la commune de Verrières dans le Puy-de-Dôme, un hélicoptère de la sécurité civile effectuait un exercice de treuillage. Ces manœuvres, répétées inlassablement pour atteindre une perfection technique, sont essentielles pour porter secours aux victimes en milieu périlleux. C’est au cours de cet entraînement que l’impensable s’est produit.
Deux vies dévouées au service des autres ont été fauchées :
- Maxime Pillitieri, 36 ans, sergent au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Haute-Loire. Il était un pilier du Secours en milieu périlleux et montagne (SMPM).
- Sophie Fleurquin, 30 ans, médecin au Samu 63 et sapeur-pompier volontaire dans le Puy-de-Dôme. Une professionnelle reconnue, également engagée auprès du Clermont Foot en tant que médecin réanimateur.
Leur disparition laisse un vide immense, non seulement au sein de leurs unités, mais aussi dans le cœur de tous ceux qui connaissent l’engagement que requiert le secours en montagne.
La FFME et la communauté montagne expriment leur solidarité
Face à ce drame, les réactions ont été unanimes. La Fédération Française des Clubs de Montagne et d’Escalade (FFME), qui encadre de nombreuses activités de sport en nature, a rapidement publié un communiqué officiel le 13 février.
Un soutien inconditionnel
Alain Carrière, Président de la FFME, ainsi que Jean-Luc Rigaux et Gaël Rastout, Co-présidents de la Commission Secours en Montagne, ont exprimé leur profonde sympathie. Au nom de tous les licenciés, ils ont adressé leurs “plus sincères condoléances” aux services de secours et au corps médical touchés par ce drame.
Le communiqué souligne avec force l’importance de l’engagement des sauveteurs. Comme le rappelle la FFME, il est crucial de se souvenir de la valeur de ces équipes : “Nous souhaitons également rappeler combien l’engagement, le courage et le dévouement des équipes du secours en montagne honorent l’ensemble des intervenants – pompiers, gendarmes, policiers, médecins, équipages et personnels mobilisés – qui œuvrent chaque jour, souvent au péril de leur vie, au service de la sécurité de tous.”
Cette déclaration résonne particulièrement dans le monde du trail, où la sécurité dépend entièrement de ces professionnels.
Une vague d’émotion bien au-delà des sommets
L’émotion a dépassé le seul cadre de la communauté montagnarde. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait part de sa “vive émotion”, tandis que les présidents des Sdis 43 et 63, Marie-Agnès Petit et Jean-Paul Cuzin, ont partagé leur “immense tristesse”. De nombreux élus locaux et nationaux, comme Laurent Wauquiez, ont également rendu hommage à l’engagement sans faille des pompiers.
En signe de deuil, les logos des Sdis de Haute-Loire et du Puy-de-Dôme ont été drapés de noir. Un symbole sobre et puissant du choc ressenti par toute une profession, comme l’a rapporté le journal Le Progrès.
Ces héros qui veillent sur les passionnés de trail et de running
Pour nous, coureurs, le massif du Sancy est un terrain de jeu exceptionnel. Ses sentiers escarpés, ses dénivelés exigeants et ses paysages à couper le souffle en font une destination prisée pour la pratique du running et du trail. Mais cette beauté sauvage comporte des risques. Une cheville tordue, une chute, un changement de météo brutal… l’imprévu peut survenir à tout moment.
C’est dans ces instants critiques que des personnes comme Maxime Pillitieri et Sophie Fleurquin interviennent. Leur métier, leur passion, était de s’entraîner dans des conditions difficiles pour pouvoir nous secourir. Le dépassement de soi qui nous anime sur les sentiers, ils le vivaient au quotidien dans un but ultime : sauver des vies.
Ce drame met en lumière un paradoxe : pour assurer notre sécurité, ces femmes et ces hommes doivent s’exposer à un danger constant. Chaque exercice, chaque manœuvre est une répétition pour le jour où l’un d’entre nous aura besoin d’eux. Leur sacrifice, même à l’entraînement, est un don pour la collectivité des sportifs et des amoureux de la montagne.
Le devoir de mémoire et de prudence
Cet accident ne doit pas nous faire renoncer à la montagne, mais il doit nous inciter à plus de respect et de prudence. Respect pour cet environnement magnifique mais exigeant. Et respect infini pour ceux qui y risquent leur vie pour protéger la nôtre.
Pratiquer notre sport favori en montagne est une chance. Honorons la mémoire de Maxime et Sophie en étant des pratiquants responsables : en préparant nos sorties, en consultant la météo, en étant correctement équipés et en sachant renoncer lorsque les conditions se dégradent.
Aujourd’hui, la communauté du trail et du running est en deuil. Nos pensées accompagnent les familles, les proches et les collègues de Maxime Pillitieri et Sophie Fleurquin. Nous leur devons une reconnaissance éternelle. Leur engagement restera à jamais gravé dans la mémoire des sommets qu’ils protégeaient.

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